Meilleur élève du football français sur le plan financier, le LOSC reçoit « les félicitations du jury » | OneFootball

Meilleur élève du football français sur le plan financier, le LOSC reçoit « les félicitations du jury » | OneFootball

Icon: Le Petit Lillois

Le Petit Lillois

·27 March 2025

Meilleur élève du football français sur le plan financier, le LOSC reçoit « les félicitations du jury »

Article image:Meilleur élève du football français sur le plan financier, le LOSC reçoit « les félicitations du jury »

Parmi les clubs français les stables sur le plan financier, le LOSC a reçu les compliments de David Gluzman, banquier et spécialiste financier dans le monde du football. Ce dernier place la formation lilloise comme un modèle à suivre, et lui décerne les félicitations du jury.

Il y a une dizaine de jours, la Direction nationale de contrôle et de gestion (DNCG) dévoilait l’intégralité des bilans financiers simplifiés des clubs de Ligue 1. Ces révélations permettaient alors de faire des comparaisons et de placer le LOSC parmi les meilleurs élèves du football français. « Les félicitations du jury sont pour Lille, qui est le bon élève et a gagné le droit de dire non », lançait David Gluzman ce mardi dans l’After Foot. Banquier et amoureux du ballon rond, il a tenu une chronique dont le sujet n’était autre que la situation financière du LOSC et sa restructuration ces dernières années. Il a même fait part d’une certaine admiration pour le travail entrepris.


OneFootball Videos


Dans le rouge

Pour débuter son point, David Gluzman faisait un bond en arrière, revenant à la prise de pouvoir d’Olivier Létang (président actuel du LOSC) en décembre 2020 et sur les raisons ayant poussé ce bouleversement à la tête de la formation lilloise : « Il faut savoir que quand Gérard Lopez gère le club, c’est ce qu’on appelle une acquisition à effet de levier, où on finance l’acquisition par énormément de dettes. On s’attend à ce que le club génère des bénéfices qui vont payer les intérêts et rembourser la dette. C’est une pratique très risquée qui est depuis interdite, notamment en Premier League tellement elle est nocive.

En 2020, Gérard Lopez est sorti par ses créanciers, tout simplement car il a quasiment 300 millions d’euros de dettes et qu’il a poussé tous les curseurs possibles et inimaginables pour générer de l’argent. Lors des deux années avant la vente de Gérard Lopez, Lille est le club de Ligue 1 qui vend le plus. Pourquoi ? Car c’est un club qui génère un déficit d’exploitation entre 90 et 100 millions d’euros à chaque fois. C’est absolument énorme. C’est un club qui dépensait 22 millions d’euros en commission d’agent, ce qui est le budget total d’Angers cette année ! », rappelle-t-il, de multiples feuilles remplies de chiffres à la main.

« Le LOSC s’est désintoxiqué de façon croissante du trading »

Le chroniqueur poursuit, s’intéressant désormais aux maux provoqués par l’achat et la vente constante de joueurs : « Les curseurs du trading étaient poussés au maximum. Il y a eu la vente de (Victor) Osimhen, de (Nicolas) Pépé, de Rafael Leao, mais ce n’était pas du tout viable. Donc les créanciers ont préféré l’arrêter, enchaîne David Gluzman, réalisant ensuite une comparaison entre le LOSC et le RC Lens. Olivier Létang a administré un remède de cheval sans couper complètement la pompe à investissements. Là où Joseph Ougourlian (président-propriétaire lensois) a réduit drastiquement les coûts, Olivier Létang a lui réussi à réduire les coûts, réduire la masse salariale (de 100% du chiffre d’affaires à environ 60%), réduire drastiquement les dépenses de commission d’argent (de 22 millions à 3 millions), tout en investissant. Il s’est désintoxiqué de façon croissante du trading. Les deux années après la vente, Lille était toujours le deuxième vendeur. Ils ont ensuite été le dixième vendeur et maintenant le sixième vendeur, explique-il.

Ils ont bien évidemment profité de la base de joueurs laissée par Gérard Lopez, il faut quand même lui rendre, mais ils ont aussi créé leur propre source de profit, notamment avec des joueurs comme (Amadou) Onana, (Carlos) Baleba, (Leny) Yoro et bientôt (Edon) Zhegrova », dont le départ est programmé pour l’été prochain.

Retour au vert

Après avoir listé les erreurs commises, puis le travail réalisé pour les gommer, David Gluzman dresse une sorte de bilan. Celle-ci fait office de conclusion : « Tout ça a amené à ce que le LOSC soit désormais non pas profitable, mais moins déficitaire. Il a désormais des fonds propres positifs et l’été dernier, il a obtenu la chose la plus difficile pour un club de football : la capacité à dire non, souligne-t-il avec insistance. Il s’agit, à ses yeux, d’un point fondamental. Ils ont, par exemple, pu garder Zhegrova un an de plus, au risque peut-être de le vendre moins cher. Ils avaient la capacité de dire non. Et pour un club qui perdait 100 millions d’euros par an, qui devait vendre 100 millions tous les ans, être les premiers de Ligue 1 en trading… Avoir regagné cette indépendance, je trouve ça admirable. Ils ont même gagné le droit de se tromper (il cite Mohamed Bayo, Andrej Ilic…). C’est un modèle assez spectaculaire de restructuration », finit-il par applaudir, sous le regard approbateur d’Yvan Le Mée, agent de joueurs. Ne reste désormais plus qu’à confirmer dans la durée.

View publisher imprint