Evect
·27 Maret 2025
Le jour où Loïc Perrin termina sa carrière face au PSG

Evect
·27 Maret 2025
Le championnat a été stoppé quatre mois auparavant, après seulement vingt-huit journées disputées. Du côté de l’AS Saint-Étienne, cet arrêt prématuré de la compétition, n’est pas une mauvaise affaire. Elle n’a gagné qu’un seul des douze derniers matchs disputés pour le compte du championnat, elle pointait à la dix-septième place, et le niveau des performances laissait envisager le pire.
En revanche et curieusement, le parcours en Coupe de France est historique bien que n’ayant pas toujours été de tout repos. Après avoir facilement écarté Bastia Borgo club de National, il avait fallu cravacher pour sortir le Paris FC qui évoluait en Ligue 2 (3-2) puis éliminer Monaco dans son stade, ce qui n’était pas une mince affaire (1-0). En quart de finale à Nancy, l’ASSE sortait non sans mal (2-1) la surprenante équipe d’Epinal alors en National 2 et qui venait d’éliminer Lille. La demi-finale disputée devant trente mille personnes à Geoffroy-Guichard restera mémorable. L’adversaire du jour le Stade rennais est sur le podium du championnat. D’abord menés au score, les Verts avaient égalisé grâce à Kolodziejczak avant que Boudebouz arrache la victoire à la 94e minute dans un stade en délire.
Pandémie oblige, la finale est repoussée de quatre mois. Coïncidence l’ASSE retrouvera le Paris SG, contre lequel elle avait disputé la dernière finale de son histoire trente-huit ans plus tôt. Mauvais souvenir, car la finale fut perdue aux tirs au but, la première à connaitre un pareil dénouement. Rocheteau et Bathenay étaient dans le camp d’en face. Les temps ont changé et le PSG a beaucoup grandi et domine le football français. Lyon en a fait les frais dans l’autre demi-finale, les Gones ont été étrillés dans leur stade (1-5). Le club parisien est devenu «la bête noire» des Stéphanois qu’ils ont atomisés peu avant en championnat dans le Chaudron (0-4) et en Coupe de la Ligue au Parc (1-6). Autant dire que personne ne se fait la moindre illusion quant à l’issue de ce dernier acte.
Parmi les cinq mille personnes qui sont au Stade de France, seulement quelques stéphanois isolés, car aucun déplacement collectif n’a été organisé bien-sûr. Le déroulement de la rencontre allait basculer sur deux faits de jeu favorables aux Parisiens qui n’en avaient pas besoin. Dès le début du match une action de Bouanga se terminait par un tir sur le poteau alors que la défense parisienne était à la ramasse. Au quart d’heure de jeu un tir puissant de Mbappé était repoussé par Moulin sur Neymar qui de près catapultait le ballon au fond des filets. Ça commençait mal.
C’est vers la trentième minute que se produisait le deuxième fait de jeu déterminant du match. Loïc Perrin, pris de vitesse par Mbappé, taclait très sévèrement l’attaquant parisien qui ne s’en remettra pas et devra abandonner ses coéquipiers. L’arbitre M. Delerue changera alors la couleur du carton jaune qu’il avait dégainé et montera la sortie au capitaine stéphanois. Personne ne le savait encore mais, ce carton rouge, venait de mettre, prématurément, un terme à la carrière exemplaire du capitaine forézien. C’était le dernier des 471 matchs disputés sous le maillot vert par l’enfant de Saint-Étienne. Seuls René Domingo et Robert Herbin en ont joués davantage. C’est Frédéric Antonetti qui avait permis à Loïc d’entamer sa carrière pro dix-sept ans auparavant face à Lorient. Plus tard, grâce à la victoire verte en Coupe de la Ligue en 2013, il avait été le premier capitaine stéphanois à brandir un trophée depuis Ivan Curkovic en 1977.
Après sa sortie, très diminuée, l’ASSE se retrouvait devant une tâche insurmontable. Toutefois, alors que l’on redoutait une troisième sévère correction de la saison face au PSG, le score en restera là, en grande partie grace à Jessy Moulin qui réalisa une belle prestation. Hésitant sur son avenir avant la rencontre, c’est quelques jours après le Stade de France, influencé dit-on par Claude Puel, que Loïc Perrin décida de stopper là, à trente-cinq ans, sa carrière pro, pour préparer sa reconversion.
Nul doute qu’il aurait mérité une tout autre sortie. Peu de temps après, le club en hommage à son professionnalisme, sa fidélité et son dévouement, retira le n°24 de son vestiaire pour qu’il reste à jamais, le numéro de Loïc Perrin.
Langsung
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